Regard croisés, entre Marc Fesneau (maire de Marchenoir et Président de la communauté de communes Beauce et Forêt) et Erwan Balanant (élu de Quimperlé), sur la mise en place et l’opportunité des filières bois -énergie. Un échange riche d’expériences, où le « produire local » est aussi source d’énergie. Des exemples intéressants pour des projets de territoires.

La question de l’énergie devient une préoccupation majeure pour les ménages et pour les collectivités. Différentes initiatives locales permettent de répondre de façon nouvelle à cet enjeu.Marc Fesneau, vous avez développé une filière bois énergie sur votre territoire. Comment avez vous procédé ?


En 2007, quand nous nous sommes engagés dans cette aventure, parce que au démarrage c’en est une, nous avons décidé de lancer cette filière en développant l’offre et la demande. Côté offre, montage d’une CUMA (Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole) fédérant agriculteurs souhaitant valoriser leurs haies et forestiers. Par ailleurs nous avons souhaité développer un réseau de plate- forme de proximité au sein de chaque territoire et à proximité de lieux de consommation. La communauté de communes que je préside a ainsi construit une plateforme de stockage, d’autres collectivités ont fait de même ainsi que des opérateurs privés. Par ailleurs nous avons décidé d’adhérer à une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) pour assurer la commercialisation de manière professionnelle.(NDLR- Ce type de société appartient à la grande famille de l’économie sociale et solidaire.) Côté consommation différentes communes et intercommunalités ont décidé de développer la filière au travers de réseaux de chaleur ou de systèmes de chauffage plus individuels pour leurs bâtiments publics. »Erwan Balanant, vous participez également, via l’association d’insertion que vous présidez, à une SCIC récemment mise en place, aussi tournée vers la valorisation de la filère bois pourquoi être engagé dans ce projet ?


L’engagement dans la SCIC est naturel et cohérent avec les actions de l’association IDES (Initiatives pour les demandeurs d’emploi par la solidarité) qui œuvre pour les personnes éloignées de l’emploi. Avec la communauté Emmaus de Rédéné, nous étions à l’origine de la réflexion sur la filière avec l’intuition initiale qu’il y avait dans l’organisation de la filière bois, une niche pour créer des métiers d’insertion.Au titre de l’association, j’ai participé avec conviction au comité de pilotage mis en place par les collectivités pour l’élaboration du projet. Très vite, certaines réalités ont pris le dessus et sur notre territoire il est apparu qu’il n’était pas aisé de faire une place importante à l’insertion dans un premier temps. Nous voulions continuer à peser sur le projet. La production de bois déchiqueté est une étape et nous souhaitons que l’on puisse structurer la production de bois-buche. C’est un énorme marché en Bretagne, qui doit s’organiser de façon équitable pour tous (producteur, consommateur, distributeur) en s’appuyant sur le territoire. La ressource existe etelle est de qualité, il faut imaginer son développement. Cela passe par la réflexion autour de services nouveaux (livraison, manutention, stockage) et il y a là un potentiel de travail pour l’insertion.

L’avantage d’une SCIC par sa dimension coopérative est qu’elle permet de faire travailler des acteurs pluriels (agriculteurs, sociétés privées, collectivités, associations) et que chacun puisse découvrir ce que le partenaire peut apporter à l’autre. Autour de ce projet, nous en sommes persuadés, va se mettre en place un écosystème économique vertueux.

Vous soulignez tous les deux un mot clef : proximité. C’est compatible avec la question de l’énergie ?
Marc Fesneau - Oui parce que la proximité c’est une manière de limiter les transports et donc les gaz à effet de serre, pour acheminer ce carburant du futur. Mais la proximité c’est aussi la capacité à valoriser nos ressources territoriales, en circuit court, en rémunérant les opérateurs locaux. Nous avons des ressources locales et c’est localement que nous devons en tirer partie. C’est aussi une manière de sensibiliser en montrant les potentialités de ces énergies vertes. »
Erwan Balanant - Au delà de la filière-bois, il y a de multiples potentiels d’énergie de proximité. L’éolien, la méthanisation et l’hydraulique de nouvelle génération sont porteur d’avenir et permettraient sans doute d’éviter des grands projets EDF comme la centrale à gaz qui nous est promise dans le Finistère. L’électricité coûte très chère à transporter, réfléchissons à la produire plus localement en respectant l’environnement et pensons surtout aux économies d’énergies.

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