La France est fourbu, comme se réveillant pendant une mauvaise grippe, fiévreuse et pétri de courbatures.  Les citoyens sont désarçonnés autant par la révélation des différentes affaires que par une véritable crise de notre rapport aux pouvoirs.

Je me suis engagé activement en politique en 2007 au moment de la campagne présidentielle. J’ai été, depuis, de tous les combats politiques au niveau national comme au niveau local. Élu dans une ville moyenne de 12000 habitants (Quimperlé, 29) mes fonctions électives et associatives m’ont permis de côtoyer de nombreuses personnes de sensibilités  et de convictions différentes aux miennes. Des hommes et des femmes engagés dans des combats multiples. Parfois très politiques, le plus souvent tournés vers l’intérêt général.

Il y a chez ces femmes et ces hommes, une passion commune pour l’engagement, la vie publique et l’envie de transformer notre société.

Aujourd’hui chez ces acteurs des territoires, je sens également une perte immense de confiance et des interrogations sur l’utilité de leurs engagements, de leurs combats qui sont souvent pour eux une raison d’être.

Les Français n’ont plus confiance dans le « système », plus confiance dans les élites et pour finir n’ont plus confiance en eux-mêmes. La crise dépasse largement la remise en questions des individus fauteurs et des immanquables profiteurs.  Parce que je côtoie dans les conseils municipaux, les conseils d’administration des associations des extraordinaires volontés, je refuse l’idée du « tous pourris ».

S’il y a pourriture, c’est dans nos institutions ! Cette phrase choquante heurtera surement mais elle n’en demeure pas moins une réalité. Les citoyens sont las et déçu. Nos institutions ne fonctionnent plus.

 Notre démocratie, notre rapport au pouvoir, l’organisation de la société sont complètement surannés, dépassés et dans l’incapacité à répondre aux enjeux que, notre génération et les générations à venir doivent défier.

 Si je préfère accuser le système plutôt que les hommes et les femmes qui dirigent aujourd’hui notre pays, je ne les disculperai cependant pas de toutes les responsabilités.  Depuis presque 30 le pouvoir partagé par gauche et droite n’a jamais émis le moindre doute sur la pertinence de nos  institutions et aujourd’hui cette même classe dirigeante ne voit toujours pas que l’urgence est dans le changement.

François Hollande a pourtant été élu sur cette affirmation. La déception est à la hauteur de la tromperie. Immense. 

L’affaire Cahuzac remet sur le devant de la scène la question de la moralisation de la vie publique. Pouvoir actuel et opposition s’invective sur leurs responsabilités mutuelles et une fois encore ne proposent dans les solutions qu’ils mettent au débat que des pansements sur une jambe de bois.

Le changement doit être plus profond et le choc de moralisation annoncé bien que nécessaire ne suffira pas. Autant que moralisation il nous faut une refondation de nos institutions, un nouveau contrat démocratique permettant une réelle représentation de la société française.

Permettez moi de lister quelques impératifs :

- Instaurer la proportionnelle.

- Adopter un véritable statut de l’élu qui rende définitivement impossible le cumul et permette de concilier vie professionnelle et engagement politique.

- Régler la question des conflits d’intérêt. Plutôt que d’interdire comme on l’a entendu aux élus d’exercer un métier, créons des impossibilités de vote quand les intérêts privés croisent l’intérêt général.

- Mettre en place une réforme de nos collectivités pour plus de proximité et d’efficacité.

- Réduire les échelons administratifs, les rendre compréhensible et pertinent. 

- Rapprocher le citoyen de la décision politique par une réelle décentralisation.

- Moderniser la vie politique locale en développant l’accès aisé pour les citoyens aux informations par l’obligation de l’open data.

Le tableau n’est pas exhaustif.

Ces changements institutionnels sont-ils compatibles avec notre constitution ? Je laisserai les spécialistes répondre j’ai cependant une certitude, il y a urgence.

Attendrons nous encore, selon une tradition bien française de changer nos institutions quand il sera vraiment trop tard ?  Quand les extrêmes de tous bords déborderont avec leurs flots de promesses encore plus démagogiques, toujours plus populistes ?

Erwan Balanant
Élu municipal à Quimperlé dans le Finistère, responsable associatif, délégué national du Mouvement Démocrate.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>